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A quoi ressemblera le commerce de demain ?

Publié dans Revue de presse par le 23/11/2016
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Président du Conseil pour le commerce de France, ancien CEO de Marionnaud, William G. Koeberlé animera la masterclass “Changer le commerce” lors de Biznext Bordeaux le 8 décembre. Dans cette interview, il expose sa vision des grandes évolutions du commerce.

Passé par le groupe Cora puis Metro, William G. Koeberlé devient en 1996 directeur général de Promocash, division BtoB du groupe Carrefour. Il rejoint la distribution sélective en 2005 en prenant le poste de directeur international, en charge de l’Europe, du groupe de parfumerie Marionnaud. Il devient CEO du groupe Marionnaud en 2008. L’actionnaire de l’entreprise, AS Watson, lui confie la responsabilité de l’ensemble de ses activités Europe de l’Est (enseignes Drogas, Spektr, DC). William G. Koeberlé quitte AS Watson en 2014 pour créer une activité de conseil. Président des Fédérations française depuis 2010 et européenne depuis 2015 de la Parfumerie sélective, il est nommé en 2016 président du Conseil pour le commerce de France, qui regroupe la grande majorité des fédérations et des acteurs économiques du commerce.

William G. Koeberlé animera la masterclass “Changer le commerce” le jeudi 8 décembre lors de Biznext Bordeaux, un événement organisé par La Tribune (le programme est accessible ici). Boutiques virtuelles, nouveaux modes de retail, utilisation massive de la data, systèmes prédictifs capables d’anticiper les besoins ou de solliciter le passant qui passe devant une enseigne : la consommation n’échappe pas à la vague technologique qui déferle sur la société. Parallèlement, d’autres enjeux se font jour : présence multicanal, click & collect, succès non démentis de la vente physique… A la clé, de nouvelles manières de vendre et de nouveaux modes de consommation, alors que le grand public se fait de mieux en mieux informé et donc de plus en plus exigeant. William Koeberlé répondra aux questions du public accompagné d’un grand témoin, Agnès Passault, présidente d’Aliénor-Aquitem, représentant le Club Commerce connecté de Digital Aquitaine, avec Banque Casino et Fidme by Snapp’.

Quels sont selon vous les grandes tendances du commerce ?

La première est bien sûr le commerce connecté, autrement dit la digitalisation de l’acte d’achat et des points de vente. La numérisation de la donnée me semble également incontournable. On peut citer la robotisation, qui change beaucoup de choses dans la manutention et dans la logistique. Mais tout ceci ne doit pas masquer les réalités du commerce en France, avec des chiffres d’affaires qui tombent malgré une situation encore sous contrôle dans les grandes villes. Dans certaines petites villes, le taux de vacance peut atteindre 10 % et si on ne fait rien, on va aller à la catastrophe dans les villes de 50.000 à 100.000 habitants. Dans le même temps on voit les taxes sur le foncier augmenter, tout comme les contraintes administratives.

Revenons au commerce connecté. Comment l’acte d’achat a-t-il évolué ?

Prenons l’exemple de la parfumerie. Il y a cinq ans, 5 % des clients étaient internautes, 95 % achetaient directement dans un point de vente physique. Aujourd’hui, 70 % ont consulté internet avant l’acte d’achat. Ils sont à la recherche d’informations diverses : la géolocalisation, les horaires d’ouverture du magasin, les promotions annoncées, et bien sûr la description des produits. Il est intéressant de noter que sur les 70 % précités, 15 % achètent sur le net, 5 % optent pour du click & collect et 50 % finissent par venir en magasin. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent toucher, sentir, parce qu’ils veulent de la relation directe avec le personnel. C’est pourquoi je pense fermement qu’il ne faut pas opposer les canaux : je crois à l’omnicanalité.

Va-t-on vers des magasins suréquipés en technologies : réalité virtuelle, réalité augmentée, cabines d’essayage virtuelles ?

Pas obligatoirement : si le client continue à aller en magasin, c’est pour le contact, la rencontre physique avec le produit et avec le vendeur. Mais si la technologie sert à quelque chose, alors oui. Il y a beaucoup d’exemples de ce type, comme les miroirs virtuels qui vous proposent des accessoires qui vont avec votre tenue par exemple, ou une cabine qui envoie automatiquement au vendeur la taille du pantalon qui vous correspond en fonction de la pièce que vous venez d’essayer. Plus besoin de passer la tête ou de se rhabiller pour partir à la recherche de ce dont vous avez besoin dans le magasin. Un des enjeux sera la formation des vendeurs. Il faut y préparer les jeunes générations.

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