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Interview : “Le digital fait partie intégrante du métier”, William Koeberlé, président de la FFPS et de la FEPD

Publié dans Revue de presse par le 20/05/2015
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L’ancien patron de Marionnaud France, aujourd’hui à la tête de deux fédérations, la Fédération de la parfumerie sélective et la Fédération européenne des parfumeurs-détaillants, dévoile ses chantiers prioritaires et les enjeux de la profession. Interview de William Koeberlé.

LSA – Votre mandat à la tête de la FFPS vient d’être renouvelé et vous prenez aussi la tête de la fédération européenne. À quel chantier allez-vous vous attaquer en priorité ?
William Koeberlé – Les problématiques en France et dans le reste de l’Europe sont sensiblement les mêmes, les chantiers aussi. Le premier est de faire évoluer le contrat de distribution sélective qui est valable pour toute l’Europe. Il doit tenir compte de l’essor du numérique. Il y a encore cinq ans, nous ­avions deux types de clients : les internautes qui n’allaient pas en boutique et ceux qui ne fréquentaient que les magasins. Aujourd’hui, 60 à 70% des clients vont d’abord sur internet avant de venir en magasin pour regarder la qualité des produits, chercher des conseils sur un blog, regarder s’ils ont une promotion via leur programme de fidélité… Le digital fait désormais partie de notre métier. Il est important de proposer sur internet une expérience qualitative au client. La parfumerie est un univers à part. Nous ne vendons pas qu’un parfum mais une histoire, un savoir-faire. Le client doit retrouver sur la Toile la même qualité de service qu’il peut trouver en magasin.

LSA – En magasins justement, qu’est-ce qui doit évoluer ?
W. K. – Une des forces du sélectif sont les conseillères qui sont un vrai relais des marques en boutique. Le deuxième chantier auquel je veux m’atteler les concerne directement : il s’agit du programme de formation. En effet, le rôle de la vendeuse a changé : le client a souvent déjà lu le descriptif du produit et sa composition sur internet. Avec l’arrivée des tablettes numériques, le métier évolue également. Elles peuvent être un support de vente si, par exemple, elles permettent de réaliser des diagnostics de peau, mais encore faut-il que les conseillères soient formées à cela. Nous voulons établir un parcours de formation diplômante. Il est primordial de favoriser l’apprentissage, l’alternance, et de définir des équivalences diplômantes. La filière présente de réelles opportunités de carrière.

LSA – Comment le marché se porte-t-il en France et en Europe ?
W. K. – Les tendances sont globale­ment les mêmes dans toute l’Europe. Selon NPD, le marché européen en 2014 est resté stable en valeur, tout comme en France (- 0,6%). Mais le panel ne prend pas en compte les MDD, les mar­ques exclusives ni les ventes sur internet. Des leviers qui permet­tent aux enseignes d’être, en réalité, en croissance. En revan­che, les indépendants, qui ne disposent pas des mêmes outils, souffrent. Et ce, dans toute l’Europe. Si, en France, les indépendants ne représentent plus que 10% du marché, en Espagne et en Italie, ils totali­sent encore 30% de part de marché. Dans ces deux pays, il y a aura certainement une concentra­tion des acteurs dans les années à venir. Mais les résultats du premier trimestre 2015 sont encourageants. Toujours selon NPD, en cumul annuel mobile à fin mars, en France, le marché est à + 0,7% et surtout, le soin, qui était en régression depuis quelque temps, affiche une croissance de 1,7%.